The celebration of the english watch part III – Sotheby’s – 15 décembre 2016

 Pour L'oeil de l'expert

Terence Camerer Cuss propose un épilogue à cette vente du 15 décembre 2016 nous ramenant aux origines de l’Horlogerie fine anglaise, la 3e d’une série de 4 ventes. Issu de la 6e génération chez Cuss & Co., entreprise spécialisée dans la vente de montres et horloges à Londres depuis sa création en 1788, juste quelques années de différence avec la maison Sotheby’s établi depuis 1744, Terence est particulièrement érudit dans le milieu horloger. Il a en effet rédigé de nombreux articles sur le sujet et est le co-auteur du livre de référence « The Camerer Cuss Book of Watches », publié en 1976.

Tous les styles ainsi que leurs évolutions sont représentés depuis la fin du 16e siècle jusqu’au 20e siècle. Toutes les montres présentées dans ce catalogue ont une place particulière dans l’histoire de l’horlogerie anglaise, plus particulièrement cinq pièces signées par Thomas Tompion, illustre membre de la Compagnie des Horlogers de Londres qu’il intègre en 1671 avant d’en devenir Maître en 1703-04. Ce célèbre horloger anglais, sut développer un système de numérotation en série pour ses garde-temps.

Il reste aujourd’hui l’un des horlogers anglais les plus importants de son temps, son travail et ses inventions auront signifié l’apogée de l’horlogerie anglaise tant dans les montres que les horloges. On retrouve aussi dans cette vente d’autres garde-temps de ses contemporains ayant activement travaillé à ce que l’on appelle souvent « l’Âge d’Or » de l’Horlogerie anglaise.

le style des montres anglaises

Les montres et objets du temps que j’ai sélectionné pour vous sont :

Lot 40 – Cette pièce est historique, faisant partie d’une série de tout juste 10 montres similaires connues à ce jour, certaines ayant été assemblées par paires pour le marché chinois. Une paire fut présentée dans la vente mémorable des collections du roi Farouk par Sotheby’s en mars 1954, lot 564.

Le mouvement entièrement gravé à la main comporte entre autres un échappement duplex, très utilisé à l’époque en Angleterre pour les calibres à destination de la Chine. Sur la cuvette on peut apercevoir un cheval tirant une corde avec une ouverture pour la clef indiquant le sens de remontage du mécanisme de la montre.

Signée William Anthony, cette montre ovale dotée d’une réserve de marche de 8 jours fut conçue vers 1800 spécialement pour le marché chinois ; la richesse du boîtier ne manque pas de nous le rappeler, étant serti de trois diamants centraux et de plusieurs rangs de perles, tout comme la couleur rouge sur l’émail, véritable porte bonheur en Chine. Cette magnifique montre, issue précédemment de la collection Marryat, ainsi décrite dans l’ouvrage de référence, Watches par Cecil Clutton et George Daniels en 1965, estimée entre 184 000$ et 245 000$, sera certainement la star de cette vente.

Lot 41 – William Hughes, tout comme ses contemporains, s’intéresse très tôt au marché chinois ; l’éventail accompagné de la montre est un objet rarissime, on se souviendra des exemplaires présentés lors de la vente de la Collection Sandberg par Antiquorum en 2001, celui-ci à n’en pas douter sera certainement très convoité. Datant du milieu du 18e siècle, cet éventail en métal doré, émail et ivoire représente une scène de l’Eneide où Venus demande à Vulcain de créer une armure pour son fils Enée.

Membre d’honneur de la Compagnie des Horlogers en 1781 et très orienté vers le marché de l’Extrême-Orient, William Hughes réalisa beaucoup d’objets précieux dont un exemple mémorable de montre de carrosse à musique et automates dans la collection Webster chez Sotheby’s en 1954. L’estimation de 61 500$ et 98 000$ sera attirer l’œil de collectionneurs avertis dans le domaine des montres rares et objets précieux.

Lot 42 – La provenance de cette montre accompagnée de sa châtelaine est sans nul doute ce qui va attirer l’œil des amateurs et collectionneurs. Cet ensemble d’une extrême beauté et délicatesse fut en effet réalisé pour le Roi d’Angleterre George III vers 1790 par James Tregent, membre de la Compagnie des Horlogers à Londres pendant 27 ans.

James Trajent n’avait aucun « Royal Warrant » faisant de lui un fournisseur officiel de la Cour Royale mais il recevra malgré tout plusieurs commandes du Roi ; une pièce similaire à celle-ci est aujourd’hui conservée dans la Collection Royale.

Tout comme le roi Louis XVI, George III était très épris des sciences de l’horlogerie et avait constitué une large collection de garde temps. Magnifiquement décoré et serti de perles et diamants, le dos du boîtier est en émail bleu et porte les initiales « GR » surmontées d’une Couronne Royale. De par sa provenance, ce lot estimé entre 61 500$ et 86 000$ pourra attirer également des collectionneurs de souvenirs historiques en tous genres, il sera intéressant de voir le résultat final.

La célébration de l’Horlogerie Anglaise par Sotheby’s nous promet une belle fin d’année. Au travers de ce dernier article ‘l’œil de l’expert’ de l’année 2016, nous avons voulu vous faire découvrir une grande page de l’histoire des montres avec certaines de ses variantes sur 500 ans d’existence.

Si la montre-bracelet occupe souvent le devant de la scène, il est important de noter que l’histoire de la montre couvre plus de cinq siècle d’histoires, et les horlogers anglais ont joué un rôle primordial pour son développement et rayonnement à travers le monde. Sans le travail des horlogers sur 500 ans d’histoire, la montre n’aurait jamais eu ses lettres de noblesses pour devenir aujourd’hui une véritable œuvre d’art sur le marché de l’art.

Cette technicité et l’esthétique que l’on retrouve sur les montres anglaises se distingue au travers des grands Horlogers ayant formé ensemble le cercle de la Compagnie des Horlogers à Londres encore en existence de nos jours. Au travers de ce troisième Opus, Sotheby’s a réalisé un merveilleux travail de recherches qui méritait d’être signalé auprès des collectionneurs, certains d’entre vous vont sans doute découvrir un monde différent au delà des marques horlogères contemporaines.

Beaucoup d’horlogers indépendant se sont inspirés des anciens, tel que Abraham-Louis Breguet pour FP Journe par exemple, il me semblait important de leur rendre hommage au travers de ce dernier article de l’année. Ce catalogue qui retrace l’âge d’or des horlogers anglais aurait fait plaisir à son plus illustre descendant au 20e siècle, George Daniels (1926-2011), considéré comme le père fondateur des horlogers indépendants.

 

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