LE TRIOMPHE DE L’OLYMPISME

 Pour JO PARIS 2024

Des Jeux Olympiques de Los Angeles à la consécration de Jesse Owens

“L’heure avait vraiment sonné de témoigner à la jeunesse sportive des États-Unis quelque reconnaissance pour l’effort fait depuis Athènes et pour sa participation toujours brillante et nombreuse aux Jeux passés. Ce triple motif décida les membres du C.I.O. à se prononcer à l’unanimité en faveur de l’attribution à Los Angeles de la célébration de la Xᵉ Olympiade ».

Pierre de Coubertin in Mémoires olympiques, 1931

L’Olympisme, l’esprit des Jeux Olympiques

Cette formule du Baron Pierre de Coubertin (1863 – 1937) fut publiée dans son livre « Mémoires olympiques » paru en 1931 à Lausanne. Un an avant l’organisation des premiers JO modernes sur le sol américain, le baron de Coubertin avait pris toute la mesure des enjeux de la Xᵉ Olympiade : transmettre à la jeunesse américaine l’esprit des Jeux olympiques.

L’esprit des Jeux olympiques se résume en un mot : l’Olympisme. Véritable philosophie de vie, l’olympisme fusionne la puissance du corps, de la volonté et du mental. L’Olympisme va au-delà du sport, c’est une notion qui porte en elle l’idée du dépassement de soi. La performance n’est plus le but, elle devient un moyen de prouver à l’humanité que chaque être est toujours capable d’aller au-delà des limites établies, de réaliser l’exploit. L’esprit des Jeux olympiques, c’est finalement de mettre le sport au service de l’humanité, en l’utilisant comme vecteur pour construire un monde meilleur. Véritable philosophie de vie, l’olympisme a pour vocation d’éduquer la jeunesse en véhiculant des valeurs fortes comme la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, la solidarité et le fair-play. Condamnant toutes les discriminations, et malgré les tensions majeures et le climat de haine qui va s’installer dans la société occidentale des années 1930, l’Olympisme va s’imposer comme la valeur sacrée des « JO » en 1936, sa véritable raison d’être.

1932, Les Jeux Olympiques de Los Angeles

Malgré le Crash de 1929, et l’immense dépression économique qui s’en suit aux États-Unis, les Jeux olympiques de 1932 vont être l’une des éditions les plus marquantes et déterminantes dans l’histoire des « JO » modernes.
Inaugurée le 30 juillet 1932, la cérémonie d’ouverture des jeux de la Xe olympiade se déroule devant 105 000 spectateurs dans un stade mythique : le Memorial Coliseum. En 2028, ce monument, bâti en 1923, accueillera pour la troisième fois de son histoire la cérémonie des Jeux olympiques, ce qui en fera le stade le plus emblématique de l’histoire des « JO » modernes. Introduisant un nouveau format, et marquant une étape charnière dans l’histoire de la mesure du temps, les Jeux olympiques de Los Angeles se démarquent radicalement des précédentes éditions.

Omega, Chronométreur officiel
Pour la première fois, les olympiades se déroulèrent sur une durée de 16 jours. Lorsque les éditions précédentes s’étendaient sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, ce nouveau format, qui est toujours le standard actuel, va permettre de vivre avec une plus grande intensité l’événement. Mais si l’édition de 1932 s’est inscrite dans l’histoire de l’horlogerie, c’est parce qu’elle a hissé l’une des plus grandes marques suisses au rang de chronométreur sportif officiel. : Omega. Premier horloger à chronométrer l’intégralité des Jeux olympiques de Los Angeles, la marque suisse a gagné une visibilité internationale grâce à ce partenariat inédit. Marque déjà prestigieuse à l’époque, Omega bénéficie d’une très belle notoriété en Europe. Fondée en 1848, la manufacture réussie à se hisser en à peine 50 ans dans le classement des plus importantes fabriques d’horlogerie de Suisse. Récompensée pour la première fois en 1896, la manufacture produisait déjà à l’aube du XXe siècle près de 100 000 montres par an. Dans « Omega, Voyage à travers le temps », un ouvrage de référence incontournable, Marc Richon, l’ancien conservateur du musée Omega nous apprend qu’à cette époque la marque est tellement désirée qu’elle est déjà copiée et que les premières contrefaçons font leur apparition sur le marché. La notoriété d’Omega, déjà sérieusement bien établie, va être décuplée grâce aux JO de Los Angeles.

Désigner un chronométreur officiel est une révolution dans le milieu de la compétition, car jusqu’alors les juges olympiques devaient venir équipés de leurs propres chronographes ! La précision était donc « relative » et souvent, les résultats faisaient l’objet de protestations ou donnaient lieu à des débats. En 1932, un horloger d’Omega est missionné pour transporter de Bienne à Los Angeles les 30 chronographes, tous certifiés chronomètre par l’Observatoire de Neuchâtel. C’est d’ailleurs grâce à la fiabilité de ses garde-temps que la manufacture emporte l’adhésion du Comité International Olympique. Tous les juges furent formés par Omega pour utiliser correctement les instruments de mesure mis à leur disposition.

Le chronométrage au 1/100ᵉ de seconde
Avec ses montres de précision, Omega introduit une véritable innovation dans l’histoire des JO : le chronométrage au 1/100ᵉ de seconde ! L’utilisation officielle de cette nouvelle comptabilisation du temps permettra d’ailleurs de départager les Américains Eddie Tolan et Ralph Metcalfe sur la finale du 100 mètres.
Si cet événement est particulièrement significatif dans l’histoire de la marque, c’est parce que durant les jeux de Los Angeles en 1932, de nouveaux records du monde furent établis dans presque toutes les disciplines représentées. Durant cette édition, la Chine participe pour la première fois aux épreuves, ce qui indiscutablement va permettre à la marque suisse de se faire un nom à l’international et de conquérir de nouveaux marchés.
À l’issue des Jeux olympiques de Los Angeles, la précision d’Omega sera saluée par le milieu sportif et la marque va être considérée dans l’inconscient collectif comme la référence suprême en matière de fiabilité.

L’introduction du calibre 1130

Pour assurer le chronométrage des Jeux olympiques de Los Angeles, Omega va développer un nouveau calibre : le 1130. Avant 1932, la manufacture a uniquement produit deux calibres de chronographe. Le premier fut lancé en 1898, et le deuxième en 1908. C’est d’ailleurs ce dernier qui permettra à Omega en 1909 de devenir le chronométreur officiel de la coupe aéronautique « Gordon Bennett » à Zurich, une compétition rassemblant montgolfières et ballons à gaz.
En 1932, pour développer son fameux calibre 1130, Omega va s’appuyer sur la collaboration de Lémania qui rejoint cette même année la Société Suisse pour l’Industrie Horlogère (SSIH), un groupement qui rassemble jusqu’alors deux fabricants : Omega et Tissot.
Avec ce nouveau calibre, qui équipera tous les chronographes de la collection « Olympic », Omega va conquérir le milieu du sport. À partir de 1932, la marque va se spécialiser dans le chronométrage sportif et continuer à développer des instruments de mesure encore plus précis.

D’ailleurs, pour commémorer ce chapitre marquant de son histoire, Omega a développé en 2022 un nouveau mouvement : le calibre « 1932 OMEGA Co-Axial Master Chronometer ». Mouvement le plus complexe jamais produit par la maison, cette innovation fut lancée en série limitée et accessible pour la somme de 526 700 €. Avec son boîtier gravé « Official Timekeeper Olympic Games », Omega a souhaité célébrer son 90ème anniversaire en tant que chronométreur officiel de cet évènement sportif légendaire.

1936, les Jeux Olympiques de Berlin

Premiers « JO » retransmis à la télévision, les Jeux olympiques de Berlin, qui se déroulent en 1936, vont bénéficier d’une visibilité inédite et révéler un champion que personne n’attendait : Jesse Owens. À une époque où l’Amérique et l’Allemagne connaissent une montée du racisme, les athlètes noirs et juifs vont subir des discriminations et des pressions insoutenables, ce qui va engendrer la dénonciation de certaines organisations et entraîner des mouvements de boycott. Si en Amérique l’heure est à la ségrégation raciale, en Allemagne les nazis instrumentalisent la XIᵉ olympiade avec l’objectif d’en faire une opération de propagande. Toutefois, le comité olympique américain, malgré l’opposition de l’opinion publique, va batailler férocement avec le ministre de la Propagande du Reich Joseph Goebbels pour obtenir la garantie « qu’aucun Juif, ni aucun noir » se sera exclus des épreuves. Malgré l’hostilité du public blanc présent à Berlin, le monde entier va vibrer grâce aux performances hallucinantes d’un jeune athlète américain : Jesse Owens. Considéré comme le premier sportif noir de renommée internationale, ce petit-fils d’esclave né en Alabama est resté dans l’histoire le meilleur sprinteur de l’entre-deux-guerres, mais surtout la plus belle incarnation de ce qu’est l’Olympisme.

Les jeux Olympiques de Berlin auraient pu rester dans l’histoire comme la plus grande tentative d’instrumentalisation nazie, mais Jessie Owens va faire voler en éclats la thèse de la supposé supériorité de la race aryenne. Durant ces « JO » de 1936, il va devenir l’athlète olympique le plus titré des olympiades. Remportant 4 médailles d’or, toutes chronométrées par Omega, Owens pulvérisa les records du monde du 100 mètres, du 200 mètres et du saut en longueur, discipline dans laquelle sa performance de 8,13 mètres, réalisée en 1935, resta inégalée durant plus d’un quart de siècle.

Grâce à Jesse Owens, l’olympisme va éclipser le racisme et les Jeux olympiques de Berlin vont véhiculer les valeurs du courage, de la persévérance, de la fraternité, de l’ambition, du dépassement constant de soi, et des idéaux humanistes et démocratiques.

Lors de la XIᵉ olympiade, Omega retrouve son rôle de chronométreur officiel.
En 1936, ce ne sont pas 30, mais 185 chronographes que la manufacture met à disposition des juges olympiques. Cette même année, la manufacture de Bienne enregistre une nouvelle performance. Lors d’un test de précision réalisé par l’observatoire de Kew en Angleterre, un calibre Omega obtient la notation de 97,8/100, un record de précision encore inégalé à ce jour !

Lors des Jeux olympiques d’hiver de 1936, qui se déroulèrent à Garmish-Partenkirchen en Allemagne, Omega développe une méthode de chronométrage inédite. Pour la première fois, deux chronographes différents vont être utilisés pour mesurer les épreuves de descente en ski alpin. L’un est utilisé pour mesurer l’heure de départ des skieurs et l’autre pour relever l’heure d’arrivée. Chacune des données est enregistrée et les arbitres calculent la différence afin de déterminer la durée précise de la descente. Si cette nouvelle méthode n’est pas infaillible, elle est en revanche révolutionnaire et fut utilisée uniquement sur cette saison olympique.

Omega, l’art du chronométrage olympique
À travers ces deux grandes olympiades, marquées par le triomphe de l’olympisme, le chronométrage olympique va s’affirmer comme le nouveau fer de lance d’Omega. Restés des moments clef de l’histoire de la mesure du temps olympique, les jeux de 1932 et 1936 vont permettre d’amorcer une nouvelle page de l’histoire d’Omega.
D’ailleurs, le chronographe de poche avec lequel la manufacture obtient la note record de précision de 97,8/100 en 1936 est aujourd’hui visible dans les collections du Musée Omega. Ce lieu unique, aussi surnommé « la Cité du temps » témoignent de l’importance des Jeux olympiques dans la recherche et le développement engagés par la marque. À l’intérieur de ce lieu extraordinaire, chaque visiteur peut vivre l’expérience du chronométrage olympique grâce à une piste de course de 9 mètres de long qui a été prévue à cet effet. Il est possible d’enregistrer sa performance grâce à la technologie Omega.
En faisant entrer les Jeux olympiques dans son propre musée, la manufacture réaffirme que son rôle de chronométreur officiel des Jeux olympiques est indissociable de son ADN.

À suivre #2 Les Jeux Olympiques de Londres en 1948

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